{"id":9815,"date":"2026-05-20T20:23:47","date_gmt":"2026-05-20T20:23:47","guid":{"rendered":"https:\/\/burkinaonline.net\/?p=9815"},"modified":"2026-05-20T20:23:47","modified_gmt":"2026-05-20T20:23:47","slug":"mali-comprendre-la-crise-securitaire-qui-sevit-le-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/burkinaonline.net\/?p=9815","title":{"rendered":"Mali : Comprendre la crise s\u00e9curitaire qui s\u00e9vit le pays"},"content":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re la violence persistante au nord du Mali se cache une histoire longue, faite de r\u00e9bellions successives, de recompositions politiques et de glissements id\u00e9ologiques. Un extrait d\u2019entretien avec Mahamadou Diouhara, sociologue et pr\u00e9sident des Jeunes pour la Paix et la Nation Africaine, permet de retracer les trajectoires des principaux acteurs arm\u00e9s et de mieux comprendre la gen\u00e8se de la crise actuelle.<\/p>\n<p>Pour comprendre le conflit, il faut d\u2019abord distinguer deux composantes centrales parmi les acteurs arm\u00e9s dits officiels dixit Mahamoudou Diouhara.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est jihadiste, structur\u00e9e autour de r\u00e9seaux affili\u00e9s \u00e0 Al-Qa\u00efda au Maghreb islamique. La seconde quant \u00e0 elle, rel\u00e8ve des mouvements politico-militaires rebelles, issus principalement des r\u00e9bellions touar\u00e8gues, r\u00e9guli\u00e8rement reconfigur\u00e9es sous diff\u00e9rentes appellations au fil des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Ces deux dynamiques, longtemps distinctes, finiront par s\u2019entrecroiser jusqu\u2019\u00e0 produire le paysage s\u00e9curitaire actuel.<\/p>\n<p>Dans ladite vid\u00e9o, Diouhara raconte que la premi\u00e8re r\u00e9bellion arm\u00e9e \u00e9clate au nord du Mali entre 1962 et 1963, \u00e0 peine deux \u00e0 trois ans apr\u00e8s l\u2019accession du pays \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. La r\u00e9ponse de l\u2019\u00c9tat ne se fit pas attendre. Elle est alors essentiellement militaire, compl\u00e9t\u00e9e par quelques tentatives de m\u00e9diation, notamment par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Alg\u00e9rie pour l\u2019extradition de certains chefs rebelles. Cette phase d\u00e9bouche sur une relative stabilit\u00e9 qui perdure jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>En juin 1990, une nouvelle r\u00e9bellion se d\u00e9clenche avec l\u2019attaque de la gendarmerie de M\u00e9naka. Cette insurrection est le produit de profonds changements r\u00e9gionaux, marqu\u00e9s notamment par les grandes s\u00e9cheresses de 1974 et 1984.<\/p>\n<p>Selon Mahamadou Diouhara, c\u2019est \u00e0 cette p\u00e9riode que de nombreux jeunes Touaregs du Mali et du Niger sont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par le r\u00e9gime libyen de Muammar Kadhafi, form\u00e9s militairement puis engag\u00e9s dans divers conflits ext\u00e9rieurs. Leur retour, arm\u00e9 et structur\u00e9, alimente la reprise des r\u00e9bellions dans la bande saharo-sah\u00e9lienne.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Accords de paix et \u00e9clatement des mouvements<\/h4>\n<p>Face \u00e0 l\u2019insurrection, le r\u00e9gime du g\u00e9n\u00e9ral Moussa Traor\u00e9 privil\u00e9gie d\u2019abord une r\u00e9ponse militaire, avant d\u2019accepter des n\u00e9gociations. Celles-ci aboutissent \u00e0 l\u2019Accord de Tamanrasset en janvier 1991.<\/p>\n<p>Mais le renversement du pouvoir en mars de la m\u00eame ann\u00e9e fragilise ce processus. La r\u00e9bellion se fragmente alors en plusieurs mouvements distincts, souvent structur\u00e9s autour de bases tribales ou ethniques, ouvrant la voie \u00e0 une ethnicisation progressive du conflit.<\/p>\n<p>La signature du Pacte national en 1992, sous la transition conduite par Amadou Toumani Tour\u00e9, permet toutefois une p\u00e9riode d\u2019accalmie et de relative stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette stabilit\u00e9 sera remise en cause en mai 2006, avec une nouvelle vague de d\u00e9sertions militaires et la reprise des attaques arm\u00e9es au nord du pays. Ces \u00e9v\u00e9nements marquent le retour durable de l\u2019insurrection touar\u00e8gue et pr\u00e9parent le terrain \u00e0 la crise majeure de 2012, dans un contexte r\u00e9gional profond\u00e9ment boulevers\u00e9 par la chute du r\u00e9gime libyen.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">De la r\u00e9bellion au jihadisme arm\u00e9<\/h4>\n<p>L\u2019un des tournants majeurs intervient lorsque des leaders issus de la r\u00e9bellion touar\u00e8gue, en qu\u00eate de leadership et marginalis\u00e9s dans les processus de n\u00e9gociation, se rapprochent des r\u00e9seaux jihadistes.<\/p>\n<p>Cette dynamique conduit \u00e0 la scission entre mouvements rebelles et \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de groupes jihadistes structur\u00e9s, donnant naissance \u00e0 l\u2019architecture terroriste aujourd\u2019hui active au Mali.<\/p>\n<p>Pour Mahamadou Diouhara, le jihadisme malien ne peut donc \u00eatre compris sans cette g\u00e9n\u00e9alogie. Il est le prolongement, puis la radicalisation, de r\u00e9bellions politico-identitaires anciennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Plus de soixante ans apr\u00e8s la premi\u00e8re r\u00e9bellion, le nord du Mali reste confront\u00e9 aux cons\u00e9quences de cycles r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de conflits non r\u00e9solus.<\/p>\n<p>Fabrice Sandwidi<\/p>\n<p>www.burkinaonline.net<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re la violence persistante au nord du Mali se cache une histoire longue, faite de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":9816,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,18],"tags":[44,34,40],"class_list":["post-9815","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-post","category-international","tag-mali","tag-securite","tag-terrorisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9815","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9815"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9817,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9815\/revisions\/9817"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9816"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/burkinaonline.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}