Cameroun : Les déclarations explosives de Brenda Biya ravivent les interrogations sur la succession de Paul Biya
Genève, Suisse, le 5 juillet 2024. Brenda Biya, la fille de Paul Biya, le président du Cameroun, vient de faire son outing sur les réseaux sociaux alors que l'homosexualité est punie de prison au Cameroun. Photo : LP / Olivier Corsan
Les déclarations de Brenda Biya, fille du président camerounais Paul Biya, provoquent une onde de choc sur les réseaux sociaux et dans le débat politique. Dans une vidéo largement relayée, elle affirme que son père est « mourant », accuse son entourage de l’isoler et soutient avoir été empêchée de rentrer au Cameroun. Des propos particulièrement sensibles qui interviennent dans un contexte marqué par les spéculations récurrentes autour de l’état de santé du chef de l’État.
« Mon père est mourant », déclare Brenda Biya dans cette intervention, avant d’affirmer être maintenue enfermée dans une chambre afin d’être filmée. Elle assure également avoir tenté de regagner le Cameroun, mais que les autorités lui auraient refusé l’accès au territoire, affirmant qu’« on ne voulait pas d’elle au Cameroun ».
À ce stade, ces affirmations n’ont fait l’objet d’aucune confirmation indépendante. Les autorités camerounaises n’ont pas réagi officiellement à ces déclarations, et aucun bulletin médical ou communication de la présidence ne permet de corroborer les propos concernant l’état de santé de Paul Biya.
Au-delà de leur contenu, ces déclarations relancent les interrogations sur la question de la succession au sommet de l’État. À 93 ans, Paul Biya demeure l’un des dirigeants les plus anciens au pouvoir dans le monde. Depuis plusieurs années, chacune de ses longues absences de la scène publique alimente les rumeurs sur son état de santé et sur les équilibres internes du régime.
L’intervention de Brenda Biya est également inédite en raison de son statut. Rarement un membre aussi proche de la famille présidentielle s’était exprimé publiquement avec une telle virulence contre l’entourage du chef de l’État. En évoquant une supposée mise à l’écart et en dénonçant des pratiques qu’elle juge abusives, elle expose au grand jour des tensions familiales qui pourraient avoir une résonance politique.
Si les affirmations de Brenda Biya restent à ce stade des allégations, leur diffusion intervient dans un contexte de forte sensibilité politique. Elles alimentent les spéculations sur l’avenir du pouvoir camerounais, tout en rappelant la nécessité de distinguer les déclarations publiques des faits établis.
En l’absence de confirmation officielle, la prudence demeure de mise. Mais une chose est certaine : cette sortie médiatique exceptionnelle replace la question de l’après-Paul Biya au cœur des débats, alors que le Cameroun s’apprête à vivre une période politique particulièrement scrutée.
Fabrice Sandwidi
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