Niger : Niamey charge ses ambassades de surveiller les contenus en ligne

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Les représentations diplomatiques du Niger à l’étranger ont reçu pour instruction de renforcer leur veille sur les contenus numériques considérés comme diffamatoires ou injurieux à l’égard des autorités et des institutions du pays. La mesure, révélée par plusieurs médias, s’inscrit dans un contexte de durcissement de la politique de contrôle de l’information.

Selon les informations rapportées, une circulaire émanant du ministère nigérien des Affaires étrangères demande aux ambassades et consulats de suivre les publications diffusées sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques susceptibles de porter atteinte à l’image de l’État. Les missions diplomatiques sont également invitées à signaler les contenus concernés et à conserver des éléments de preuve, notamment des captures d’écran, des liens et des informations permettant d’identifier leurs auteurs.

Le document recommande par ailleurs de sensibiliser les ressortissants nigériens vivant à l’étranger aux dispositions légales relatives à la diffamation et aux injures commises en ligne. Il prévoit également une coopération avec les organisations de la diaspora et, si nécessaire, avec les autorités des pays d’accueil, dans le respect des cadres juridiques en vigueur.

Cette initiative intervient alors que les autorités nigériennes ont renforcé leur dispositif de lutte contre les infractions commises sur Internet. Depuis le changement de régime en 2023, plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse ont exprimé leurs préoccupations face au resserrement de l’espace médiatique, évoquant notamment la suspension de certains médias internationaux et le rétablissement de sanctions pénales pour certaines infractions liées à la diffamation.

Du côté des autorités, cette démarche est présentée comme un moyen de protéger les institutions de l’État contre les campagnes de désinformation, les propos diffamatoires et les contenus susceptibles de porter atteinte à la stabilité nationale.

À l’inverse, des observateurs estiment que la surveillance accrue des publications en ligne pourrait alimenter les inquiétudes concernant la liberté d’expression, en particulier au sein de la diaspora nigérienne. Ils appellent à un équilibre entre la lutte contre les abus sur Internet et le respect des droits fondamentaux garantis par les textes nationaux et internationaux.

Le gouvernement nigérien n’a pas, à ce stade, publié de communication détaillée précisant les modalités de mise en œuvre de cette mesure ni son calendrier d’application.

Fabrice Sandwidi

www.burkinaonline.net

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