Ghana: Une exploitation illégale des plantations de cacao peut vous coûter 20 ans de prison

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Le Parlement du Ghana a adopté un projet de loi visant à renforcer la protection des plantations de cacao, un secteur stratégique pour l’économie nationale. Le texte prévoit de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, contre les personnes qui convertiraient des terres cacaoyères à d’autres usages sans autorisation préalable. Adoptée par les députés la semaine dernière, la mesure n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. Elle attend la signature du président John Mahama avant de devenir une loi.

Le projet accorde un statut protégé à l’ensemble des plantations de cacao du pays. Toute réaffectation de ces terres à des fins agricoles, industrielles ou minières sans autorisation serait désormais considérée comme une infraction pénale.

Les sanctions les plus sévères visent l’exploitation illégale de l’or, connue localement sous le nom de « galamsey », qui détruit de nombreuses plantations de cacao. Les contrevenants risqueraient une peine de 10 à 20 ans de prison, ainsi que de lourdes amendes calculées en fonction du nombre de cacaoyers détruits.

Cette initiative intervient alors que le Ghana cherche à préserver une filière essentielle à son économie. Le cacao représente près de 15 % des recettes d’exportation du pays et constitue la principale source de revenus de centaines de milliers de producteurs.

Mais le texte suscite déjà des critiques parmi les agriculteurs. Moses Djan Asiedu, responsable de la Ghana Cooperative Cocoa Farmers and Marketing Association Limited, estime que les nouvelles restrictions sont injustes. Selon lui, les producteurs financent eux-mêmes l’acquisition des terres, leur mise en valeur et l’entretien des plantations pendant plusieurs années, tout en bénéficiant d’un soutien limité de l’État. Il considère que si le cacao est reconnu comme un patrimoine national, les cultivateurs devraient également recevoir davantage d’aides pour couvrir leurs coûts de production.

Le contexte économique contribue également aux tensions. Après avoir atteint un niveau record de plus de 12 000 dollars la tonne en 2024, les cours mondiaux du cacao sont retombés autour de 4 000 dollars, sous l’effet d’une hausse de l’offre. Malgré ces fluctuations, les autorités ghanéennes continuent de fixer un prix d’achat réglementé afin de protéger les producteurs des variations du marché international.

Fabrice Sandwidi

www.burkinaonline.net

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