Gabon : fin des nouvelles bourses vers la France, cap sur les universités africaines
Le Gabon réoriente sa politique d’attribution des bourses d’études à l’étranger. À compter de la rentrée universitaire 2026-2027, l’État gabonais ne financera plus de nouveaux départs d’étudiants boursiers vers la France, une décision annoncée par la direction générale de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) fin juillet.
La mesure concerne notamment les bacheliers de la session 2026, qui ne pourront pas obtenir une nouvelle bourse de l’État gabonais pour commencer leurs études supérieures en France. La décision marque une évolution importante de la politique de mobilité universitaire du pays, la France ayant longtemps constitué l’une des principales destinations des étudiants gabonais.
La directrice générale de l’ANBG, Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy, a annoncé le 29 juillet que l’Agence ne financerait plus de nouvelles bourses vers la France à partir de la prochaine rentrée universitaire. Cette orientation s’inscrit dans une volonté de mieux adapter les dépenses consacrées aux études à l’étranger aux capacités financières de l’État.
Il ne s’agit toutefois pas de dire que tous les étudiants gabonais en France perdent immédiatement leur bourse. La mesure vise en premier lieu les nouveaux départs et les nouvelles attributions. La situation des étudiants déjà engagés dans leur cursus fait encore l’objet de discussions et d’interrogations, notamment sur les conditions précises d’application de la décision.
Cette réorientation intervient dans un contexte marqué par l’évolution des conditions financières imposées aux étudiants étrangers en France. Selon les informations communiquées par l’ANBG et relayées par la presse gabonaise, l’augmentation des ressources financières exigées pour les étudiants étrangers a également pesé dans la décision de Libreville.
Pour le Gabon, le choix consiste désormais à rechercher des destinations de formation jugées plus accessibles financièrement, tout en développant les possibilités offertes directement sur le continent africain.
Le Maroc figure parmi les principales destinations proposées aux nouveaux bacheliers. L’ANBG a annoncé en juillet la mise à disposition de 180 bourses dans des établissements publics d’enseignement supérieur et de formation professionnelle marocains.
La Tunisie constitue également une destination privilégiée. Le gouvernement tunisien a accordé 35 bourses aux étudiants et bacheliers gabonais pour l’année universitaire 2026-2027, dont 25 pour le premier cycle et 10 pour les deuxième et troisième cycles.
D’autres possibilités existent également en Afrique. L’ANBG a notamment annoncé des opportunités de formation au Cameroun, en Égypte et dans plusieurs autres pays partenaires.
Si le changement de politique est désormais clairement annoncé par l’ANBG, ses modalités précises font encore débat. Une tribune publiée le 19 août par une avocate gabonaise au Barreau de Lyon soulève notamment des questions sur la base juridique de la suppression des bourses vers la France, son éventuelle application aux étudiants déjà bénéficiaires et le respect du principe d’égalité.
Pour les bacheliers de 2026, le message est clair : les possibilités de bourses existent toujours, mais elles sont désormais davantage orientées vers le Gabon, le Maroc, la Tunisie et d’autres partenaires africains, plutôt que vers de nouveaux départs financés par l’État en France.
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