CEB de Kaya II : Les enseignantes sommées de cesser leurs activités commerciales
À Kaya II, certaines enseignantes auraient troqué, le temps de quelques heures, la craie contre la marchandise. Une concurrence qui ne fait pas rire les commerçantes des écoles et qui a fini par attirer l’attention de l’Inspecteur, désormais décidé à remettre de l’ordre dans les affaires de la classe et celles du marché.
À l’école, la vocation première est d’instruire les enfants, pas de leur vider les poches entre deux leçons. Pourtant, dans la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Kaya II, certaines enseignantes auraient décidé d’ajouter une corde commerciale à leur arc pédagogique. De quoi transformer, à l’occasion, la salle de classe en annexe de boutique et la récréation en opération de prospection commerciale.
Une situation qui n’est manifestement pas du goût des femmes qui tiennent les petits marchés des établissements scolaires. Ces commerçantes, qui comptent sur la vente de leurs produits pour faire vivre leurs familles, se retrouveraient en concurrence avec celles-là mêmes qui sont censées apprendre à leurs enfants les règles de la vie en société. Et comme si la concurrence ne suffisait pas, des élèves seraient contraints d’acheter les marchandises proposées par leurs enseignantes.
Pour les commerçantes déjà installées dans les établissements, la pilule serait difficile à avaler. Elles doivent désormais composer avec une concurrence particulière : des vendeuses qui connaissent les élèves, fréquentent les classes et disposent d’une autorité que ne possède pas la vendeuse du petit marché.
Face à cette situation, l’Inspecteur, chef de la CEB de Kaya II, a décidé de rappeler que l’école n’est ni une foire commerciale ni un marché parallèle réservé aux détenteurs de craie. Dans une note datée du 12 octobre 2026, il invite les agents concernés à mettre immédiatement fin à leurs activités commerciales dans les établissements scolaires. L’autorité administrative s’appuie notamment sur la loi n° 081-2015/CNT du 24 novembre 2015 portant statut général de la fonction publique d’État, promulguée par le décret n° 2015-1580/PRES-TRANS.
L’article 40 de ce texte encadre les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut exercer des activités lucratives. Un rappel qui vaut pour tous les agents de la CEB, qu’ils soient devant un tableau noir ou derrière un bureau. Le message est donc clair : la fonction publique n’est pas un espace où chacun peut improviser son petit commerce au gré des heures de service.
L’Inspecteur prévient d’ailleurs que tout manquement aux instructions expose les contrevenants aux sanctions prévues par la loi. De quoi refroidir les ardeurs commerciales de celles et ceux qui auraient pris goût à la vente en milieu scolaire.
Fabrice Sandwidi
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