Burkina Faso : la Croix-Rouge renforce l’adhésion à la vaccination à travers le projet Saving Lives and Livelihoods
Face à la persistance des maladies évitables par la vaccination et à la montée des rumeurs affectant l’adhésion des populations, la Croix-Rouge Burkinabè, avec l’appui de ses partenaires, a mis en œuvre le projet Saving Lives and Livelihoods – Phase II (SLL II). Déployée de juin à décembre 2025, cette initiative a combiné mobilisation communautaire, renforcement des capacités et appui aux campagnes de vaccination dans quatre districts sanitaires du Burkina Faso.

Un projet structurant, porté par un partenariat international
Initié par Africa CDC et financé par la Fondation Mastercard, le projet a été mis en œuvre par la Croix-Rouge Burkinabè avec l’accompagnement technique de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC). Doté d’un budget de 148 330 francs suisses (environ 103 millions FCFA), il a couvert les districts de Koudougou et Sapouy (Centre-Ouest) ainsi que Manga et Kombissiri (Centre-Sud).
L’objectif était clair : renforcer durablement la prévention par la vaccination, tout en restaurant la confiance entre communautés et système de santé.
Former, informer, mobiliser
Le projet a mis l’accent sur le renforcement des capacités, avec 345 acteurs formés, dépassant largement les cibles initiales. Volontaires de la Croix-Rouge, agents de santé de base communautaires, journalistes, personnel de santé et personnes vivant avec un handicap ont été outillés sur la communication des risques, l’engagement communautaire (RCCE), la gestion des rumeurs, le mécanisme de gestion des plaintes et la prise en charge psychologique.

Comme l’explique Byen Amidou, chef du projet :
« Le renforcement des capacités a concerné les volontaires, les agents communautaires, les médias et même les personnes handicapées. L’objectif était de leur donner les outils pour mieux expliquer l’utilité de la vaccination et répondre aux rumeurs. »
Une mobilisation communautaire à grande échelle
Grâce aux sorties de terrain, aux dialogues communautaires et aux campagnes de communication de masse, 493 292 personnes ont été touchées, soit 247 % de la cible initiale. Les actions de proximité ont permis d’identifier et de référer des enfants zéro dose, des enfants sous-vaccinés et des familles éloignées du système de santé.
« Près de 500 000 personnes ont été mobilisées à travers les différentes sorties des volontaires et des agents communautaires dans les quatre districts sanitaires », souligne Byen Amidou.
Les radios communautaires ont joué un rôle clé, avec 16 émissions interactives réunissant professionnels de santé, leaders communautaires et représentants de groupes spécifiques, créant un espace de dialogue direct avec les populations.

Un impact concret sur le terrain
Dans le district sanitaire de Sapouy, les résultats sont palpables.
Zoundi Mbassibri Albert, chef du service de la prévention par la vaccination, témoigne :
« Ce projet a eu un grand impact dans notre district. Il a permis de sensibiliser beaucoup de parents sur l’importance de la vaccination et du respect du calendrier vaccinal. »
Au-delà de la vaccination infantile, les messages ont porté sur la prévention du paludisme, l’utilisation des moustiquaires imprégnées, ainsi que sur les nouveaux vaccins antipaludiques RTS,S et R21.
« L’intervention a contribué au changement de comportement de la population et au renforcement de la confiance entre la population et les services de santé », ajoute-t-il.
Résultat concret :
« Nous avons pu rattraper environ 100 enfants qui avaient échappé à la vaccination, notamment dans des zones difficiles d’accès. »
Réduire l’hésitation vaccinale
Le projet a également permis de lever les doutes autour de certains vaccins, notamment le vaccin contre le cancer du col de l’utérus (HPV).
« Il y avait beaucoup de doutes autour de ce vaccin. Les activités de sensibilisation ont permis de renforcer la confiance et aujourd’hui, de plus en plus de personnes y adhèrent », explique l’équipe du projet.
L’implication des leaders religieux et traditionnels, devenus de véritables ambassadeurs communautaires, a été déterminante dans cette dynamique.
Des résultats au-delà des attentes
Les indicateurs parlent d’eux-mêmes :
• 493 292 personnes touchées par les campagnes de masse ;
• 304 personnes formées à la RCCE (contre 170 prévues) ;
• 40 campagnes de masse réalisées (contre 16 prévues).
Ces résultats traduisent l’efficacité de l’approche communautaire et la forte adhésion des populations.
Et après le projet ?
Bien que le projet soit arrivé à son terme, les acquis demeurent.
« Les acteurs communautaires doivent continuer à faire leur travail pour appuyer le ministère de la Santé. C’est l’essentiel de l’héritage de ce projet », conclut Bien Amidou.
La capitalisation des leçons apprises, au cœur de la rencontre de clôture, ouvre la voie à de futures interventions encore mieux adaptées aux réalités locales.
Gildas Kinda
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