Économie : Le Sénégal face à un mur de dettes à franchir en juin et juillet
Le Sénégal fait face à une lourde échéance financière à l’orée de l’hivernage. Selon le média Seneweb, l’État devra mobiliser près de 1 200 milliards de francs CFA entre juin et juillet pour honorer le service de la dette, dans un contexte de ralentissement économique et de marges budgétaires de plus en plus contraintes.
Au cours des deux prochains mois, le service de la dette s’impose comme l’un des principaux défis des finances publiques du Sénégal. Selon des estimations relayées par la presse, l’État est appelé à décaisser 582 milliards de francs CFA en juin, puis 633 milliards de francs CFA en juillet, soit un total avoisinant 1 215 milliards sur la période.
Ces montants interviennent à un moment particulièrement sensible de l’année. L’hivernage, synonyme de ralentissement de certaines activités économiques, pèse traditionnellement sur la mobilisation des recettes. Pour les finances publiques, l’équation devient alors plus complexe : honorer les engagements extérieurs et intérieurs tout en préservant les dépenses sociales et d’investissement.
L’économiste Seydina Alioune Ndiaye tire la sonnette d’alarme. Tout en se disant naturellement optimiste, il se veut réaliste quant à la trajectoire actuelle de l’économie. « La situation ne s’améliore guère », avertit-il dans un entretien accordé à L’Observateur. À ses yeux, le poids du service de la dette devient « extrêmement pesant » à partir du mois de juin.
Au-delà des chiffres, c’est la soutenabilité de la dette qui interroge. Le cumul de plus de 1 200 milliards de francs CFA en seulement deux mois met en lumière la pression exercée sur le Trésor public, dans un environnement marqué par la hausse des taux d’intérêt, la volatilité des marchés et des besoins sociaux croissants.
Face à ce mur de remboursements, les autorités sénégalaises devront arbitrer avec prudence. Sécuriser le service de la dette pour préserver la crédibilité financière du pays, tout en évitant un étranglement de l’économie réelle. Ce qui n’est pas un mince exercice à faire.
Fabrice Sandwidi
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