Burkina Info : La précarité des travailleurs éclate au grand jour

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À Ouagadougou, des employés de la télévision privée Burkina Info ont décidé, le lundi 8 juin 2026, de sortir de leur réserve. Face à la presse, ils ont exposé une situation sociale jugée alarmante et qui, selon eux, perdure depuis décembre 2025 au sein du média.

Les travailleurs ont pointé du doigt la société ANSAX, structure qui exploite Burkina Info, dirigée par son administrateur général, Soumaïla Ouédraogo. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’irrégularités graves  affectant les conditions de travail d’une trentaine d’employés.

Prenant la parole au nom du collectif, le porte-parole des travailleurs, Fidèle Kaboré, a dressé un tableau sombre de la situation. Il décrit un climat marqué par des difficultés financières sévères, un dialogue social inefficace et le non-respect d’engagements formalisés dans des documents à valeur juridique.

Selon lui, l’alerte avait pourtant été donnée dès le 18 décembre 2025, lorsqu’une délégation du personnel avait rencontré la responsable des Ressources humaines pour lui exposer des conditions de vie devenues intenables. Les employés affirment ne plus être en mesure d’assumer les charges élémentaires de leurs familles, ni même de couvrir les frais de transport nécessaires pour se rendre au travail.

Parmi leurs revendications figurent le paiement d’un mois et demi d’arriérés de salaires, correspondant à une partie du mois d’octobre et à l’intégralité du mois de novembre 2025, le versement des dotations de carburant dues aux Journalistes Reporters d’Images, ainsi que le règlement des dotations vestimentaires destinées aux présentateurs.

Cependant, d’après le porte-parole, les engagements attendus n’ont jamais été tenus. Après des promesses de transmission des doléances à la direction générale, aucun retour concret n’aurait été fait à l’échéance annoncée. Les travailleurs avaient alors prévenu qu’en l’absence de moyens financiers, ils ne pourraient plus assurer normalement leur présence au poste à partir du 22 décembre 2025.

Une rencontre tenue le 26 décembre avec la direction n’aurait pas permis de désamorcer la crise. Selon les employés, le Directeur général aurait refusé de prendre des engagements clairs, allant jusqu’à inviter ceux qui estimeraient avoir de meilleures opportunités ailleurs à quitter l’entreprise. Il aurait également évoqué la possibilité de licenciements collectifs, affirmant agir sur la base de recommandations de l’inspection du travail.

Toutefois, la direction avait promis de consulter les actionnaires avant de revenir vers le personnel avec des propositions concrètes. Une démarche qui, regrettent les travailleurs, est restée sans suite jusqu’à ce jour, maintenant ainsi le malaise social au sein de Burkina Info.

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