Kenya : Le cannabis au cœur d’un bras de fer entre foi et justice

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La Haute Cour du Kenya est attendue sur une décision qui pourrait marquer un tournant dans le débat sur la liberté de religion et la législation sur les stupéfiants. Saisie par la Rastafari Society of Kenya, la juridiction doit se prononcer sur une demande visant à autoriser l’usage du cannabis à des fins religieuses.

À l’origine de cette procédure, engagée en 2021, les représentants de la communauté rastafarienne estiment que le cannabis constitue un sacrement indispensable à la pratique de leur foi. Ils soutiennent que l’interdiction totale prévue par la loi kényane les contraint à choisir entre le respect de leurs convictions religieuses et celui de la législation nationale.

Face à cette requête, les autorités défendent le maintien de l’interdiction du cannabis, inscrite dans la loi de 1994 sur les stupéfiants. Selon l’État, cette réglementation répond à des impératifs de santé publique et de sécurité, et ne saurait faire l’objet d’une dérogation susceptible d’affaiblir la lutte contre les drogues.

Au fil des audiences, les débats ont mis en lumière la délicate conciliation entre les libertés fondamentales garanties par la Constitution kényane et les politiques publiques de lutte contre les stupéfiants. Les échanges devant la Cour ont notamment porté sur la possibilité d’accorder une exception religieuse sans remettre en cause l’interdiction générale du cannabis.

Le jugement est attendu le 15 juillet 2026. Quelle que soit son issue, cette décision pourrait faire jurisprudence au Kenya en précisant la portée de la liberté de religion lorsqu’elle entre en conflit avec une législation d’ordre public. Une éventuelle décision favorable aux requérants n’entraînerait pas la légalisation du cannabis dans le pays, mais pourrait ouvrir la voie à une exemption strictement limitée à son usage cultuel par les fidèles rastafaris.

Cette affaire est suivie avec attention par les défenseurs des libertés religieuses, les autorités sanitaires et plusieurs organisations de la société civile, qui y voient un test important de l’équilibre entre droits fondamentaux et intérêt général dans l’ordre juridique kényan.

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