🔴Côte d’Ivoire | Justice : le combat de Moussa Douamba, le Burkinabè qui a obtenu la démolition de constructions érigées par un promoteur immobilier sur son terrain
Après près de neuf années de bataille judiciaire, Moussa Douamba a obtenu gain de cause face à la société Italia Construction. Le 21 juillet 2026, le tribunal de première instance de Grand-Bassam a ordonné le déguerpissement de l’entreprise ainsi que la démolition des constructions (dont la valeur est estimée à plusieurs milliards de FCFA) réalisées sur une parcelle dont il est reconnu propriétaire. Une décision qui marque l’aboutissement d’un long combat mené avec détermination.
À 66 ans, Moussa Douamba est une figure bien connue de la communauté burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Ancien responsable du Conseil des Burkinabè de l’extérieur et opérateur économique, il s’est imposé comme le symbole de la résistance face à ce qu’il considère comme une tentative de spoliation foncière.
Un parcours forgé dans l’adversité
L’histoire de Moussa Douamba commence bien loin des salles d’audience. Originaire du Burkina Faso, il raconte avoir été « garibou » dans les rues de Ouagadougou, une période difficile qui lui a appris la résilience, la discipline et le goût de l’effort.
Cette endurance, il l’a également démontrée par des exploits personnels. Selon son témoignage, il a parcouru à quatre reprises à pied la distance entre Boromo et Ouagadougou, soit près de 180 kilomètres, illustrant une volonté hors du commun.
Neuf années de procédures
Le différend foncier remonte à 2017. Malgré les démarches entreprises par Moussa Douamba et les documents attestant de ses droits, notamment un Arrêté de Concession Définitive (ACD) publié en 2018, les travaux immobiliers se sont poursuivis sur sa parcelle située à Modeste, dans la région de Grand-Bassam.
Pendant près d’une décennie, il a multiplié les recours devant les juridictions et les administrations compétentes afin d’obtenir la reconnaissance de ses droits.
Selon les éléments rapportés, il aurait également refusé une proposition de 20 millions de FCFA formulée pour acquérir son terrain, estimant que cette somme était sans commune mesure avec la valeur réelle de la propriété, aujourd’hui évaluée à près d’un milliard de FCFA.
Une victoire judiciaire
Avant la décision rendue en juillet 2026, le Conseil d’État avait déjà reconnu ses droits en 2025. Le jugement du tribunal de première instance de Grand-Bassam est venu confirmer cette reconnaissance en ordonnant le déguerpissement d’Italia Construction ainsi que la démolition des constructions réalisées sur le terrain litigieux.
Cette décision est perçue par de nombreux observateurs comme un signal fort en faveur de la protection du droit de propriété et du respect des décisions de justice dans les litiges fonciers.
Un symbole pour de nombreux propriétaires
Au-delà de son cas personnel, Moussa Douamba est désormais considéré par de nombreux propriétaires confrontés à des litiges fonciers comme un exemple de persévérance. Son parcours démontre qu’une longue procédure judiciaire peut aboutir lorsque les droits de propriété sont reconnus par les juridictions compétentes.
Pour l’ancien responsable communautaire, cette victoire dépasse largement la valeur financière de son terrain. Elle représente l’aboutissement d’un combat commencé il y a plusieurs années et la reconnaissance d’un droit qu’il n’a jamais cessé de défendre.
À 66 ans, celui qui a traversé les épreuves de la vie, depuis son enfance difficile au Burkina Faso jusqu’à cette longue bataille judiciaire en Côte d’Ivoire, voit son engagement récompensé par une décision qui restera comme l’un des dossiers fonciers les plus marquants de ces dernières années.
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