Inondations à Bonheur-Ville : les autorités attribuent le sinistre à l’occupation d’une zone inondable
Après les inondations survenues dans la nuit du 2 au 3 août au secteur 31 de l’arrondissement n°7 de Ouagadougou, les autorités ont organisé une visite de terrain afin d’apporter des explications techniques sur les causes du sinistre. Cette démarche intervient alors que plusieurs sinistrés avaient mis en cause les travaux de bitumage de la rue 31.489 reliant Nagrin à Bonheur-Ville.
Conduite par le secrétaire général du ministère de la Construction de la Patrie, le commandant Ollo Palenfo, en compagnie de la présidente de la Délégation spéciale de l’arrondissement n°7, Marie Blanche Wendata Yougbare/Yanra, la visite a bénéficié de l’appui des techniciens de la Direction générale des infrastructures de transports.
La mission s’est déroulée en deux phases. La première a consisté en une inspection des zones touchées afin d’observer les conditions sur le terrain. Selon les constats présentés par les autorités, les constructions réalisées dans le secteur auraient progressivement modifié le lit naturel des eaux pluviales, perturbant leur écoulement.
Les responsables ont notamment indiqué que cette partie de Bonheur-Ville correspond à une ancienne zone de culture du riz, signe de sa vocation naturelle à retenir les eaux. Ils ont également relevé que la puissance du ruissellement a endommagé certains champs et que plusieurs ouvrages réalisés par des riverains témoignent d’une exposition récurrente aux inondations.
Les techniciens ont par ailleurs expliqué que les eaux empruntent aujourd’hui une trajectoire différente de leur cours initial. Les anciens et nouveaux axes d’écoulement se croisent avant de converger vers le barrage de Boulbi, ce qui accentuerait les risques d’inondation dans la zone.
La seconde étape de la visite a porté sur la présentation d’éléments techniques. S’appuyant sur le Schéma directeur de drainage des eaux pluviales de la ville de Ouagadougou, élaboré en 2020, le directeur général des infrastructures de transports, Moumouni Ilboudo, a indiqué que le secteur est officiellement identifié comme une zone inondable. Selon lui, plus de 500 parcelles sont concernées par cette classification.
À l’issue des explications, le représentant des sinistrés, Paul Simporé, a déclaré avoir mieux compris les facteurs techniques à l’origine des inondations. Il a toutefois plaidé pour la mise en œuvre de solutions aussi bien à court qu’à long terme afin de protéger les habitants.
Le secrétaire général du ministère a assuré avoir pris acte de cette demande, précisant qu’elle sera transmise aux plus hautes autorités. De son côté, la présidente de la Délégation spéciale de l’arrondissement n°7 a invité les populations à faire confiance aux actions engagées par le gouvernement.
Cette sortie intervient au lendemain d’une première visite effectuée sur les lieux, le 4 août, au cours de laquelle les autorités étaient déjà allées constater l’ampleur des dégâts avant de revenir présenter les conclusions techniques de leurs observations.
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