Trump saisit la Cour suprême pour poursuivre le chantier du ballroom de la Maison-Blanche

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Official portrait of President Donald J. Trump, Friday, October 6, 2017. (Official White House photo by Shealah Craighead)

La bataille judiciaire autour du projet de nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche franchit un nouveau cap. L’administration de Donald Trump a officiellement demandé vendredi à la Cour suprême des États-Unis d’autoriser la reprise des travaux, après qu’une cour d’appel fédérale a ordonné leur suspension.

Estimé à environ 400 millions de dollars, le projet prévoit la construction d’un ballroom d’environ 90 000 pieds carrés, soit près de 8 400 mètres carrés, à l’emplacement de l’ancienne aile Est de la Maison-Blanche. Cette dernière avait été démolie à l’initiative de l’administration Trump afin de permettre la réalisation du projet.

La décision de saisir la Cour suprême intervient une semaine après un arrêt très défavorable à l’administration Trump. Le 7 août, une formation de trois juges de la Cour d’appel du circuit de Washington a estimé, par deux voix contre une, que la construction de la partie hors-sol du projet ne pouvait pas se poursuivre sans intervention du Congrès.

Pour la majorité des juges, le président ne dispose pas, à lui seul, du pouvoir nécessaire pour engager une transformation aussi importante d’un bâtiment fédéral historique. Le contentieux dépasse ainsi la seule question architecturale : il porte directement sur les limites du pouvoir présidentiel et sur le rôle du Congrès dans les modifications majeures apportées à la Maison-Blanche.

Pour défendre la poursuite du chantier, l’administration Trump met notamment en avant des considérations de sécurité. Elle affirme que le projet ne se limite pas à la création d’un espace destiné aux réceptions présidentielles, mais qu’il s’inscrit dans un ensemble plus large d’infrastructures de sécurité, comprenant notamment des dispositifs de protection contre les drones et des installations sécurisées.

La Maison-Blanche soutient également que l’interruption des travaux à ce stade créerait des difficultés importantes, alors que le chantier est déjà largement avancé. Selon l’administration, le projet serait désormais réalisé à environ 65 %.

La demande présentée à la Cour suprême vise donc, dans l’immédiat, à empêcher l’entrée en vigueur de l’injonction de la cour d’appel pendant que l’administration prépare un recours complet. Sans intervention de la haute juridiction, la décision d’arrêt des travaux doit prendre pleinement effet le 21 août.

La nouvelle saisine place désormais la Cour suprême au cœur de cette confrontation entre l’exécutif, le Congrès et les défenseurs du patrimoine. Les juges devront d’abord décider s’ils permettent à l’administration de poursuivre les travaux pendant la procédure d’appel.

Au-delà du ballroom, l’affaire pourrait ainsi devenir un test important de l’étendue des pouvoirs du président lorsqu’il s’agit de modifier un monument fédéral aussi emblématique que la Maison-Blanche. Pour Donald Trump, l’enjeu est aussi concret : son administration souhaite éviter qu’un chantier déjà largement engagé soit interrompu alors que les travaux avancent sur le site de l’ancienne aile Est.

 

Fabrice Sandwidi

www.burkinaonline.net

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