Liban : le Parlement vote l’abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient
Le Parlement libanais a adopté mardi une loi abolissant la peine de mort, faisant du Liban le premier pays du Moyen-Orient à supprimer cette peine de son arsenal judiciaire. Le texte, approuvé par une majorité des 128 députés, prévoit de remplacer les condamnations à mort par des peines de réclusion à perpétuité avec travaux forcés.
Cette décision constitue un tournant majeur pour le système judiciaire libanais. La peine capitale était jusqu’ici prévue par la législation pour plusieurs crimes graves, notamment le meurtre, la trahison et certains actes liés au terrorisme. Toutefois, aucune exécution n’avait été réalisée au Liban depuis le 17 janvier 2004, le pays observant depuis lors un moratoire de fait sur les exécutions.
Pendant plus de deux décennies, les tribunaux libanais ont continué à prononcer des condamnations à mort malgré l’absence d’exécutions. Selon les données du ministère libanais de la Justice, 85 personnes étaient encore condamnées à mort à la fin de 2025. La nouvelle loi doit mettre fin à cette situation en transformant les peines capitales existantes en peines de prison à perpétuité.
Le projet d’abolition avait franchi plusieurs étapes parlementaires au cours de l’année 2026. Il avait notamment été approuvé par la commission des Droits de l’homme en février, puis par la commission de l’Administration et de la Justice et la commission mixte avant son adoption en séance plénière le 11 août.
L’abolition fait du Liban le premier État du Moyen-Orient à abolir la peine de mort pour tous les crimes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a salué une décision qui place désormais le pays à l’avant-garde de la région en matière de droit à la vie. L’Organisation internationale de la Francophonie a également salué l’adoption du texte, la qualifiant d’« avancée majeure » pour les droits humains au Liban.
Le vote parlementaire constitue l’étape décisive, mais le texte doit encore suivre la procédure institutionnelle avant son entrée en vigueur. Il doit être transmis au président Joseph Aoun pour promulgation puis publié au Journal officiel.
L’abolition de la peine de mort marque ainsi une rupture avec la législation antérieure et avec la situation de nombreux pays du Moyen-Orient qui maintiennent encore cette peine dans leur droit.
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