Burkina Faso : la Garde républicaine réussit sa première récolte de silures au camp Naaba-Koom II

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La Garde républicaine (GR) a réalisé, jeudi 8 octobre, sa toute première récolte de poissons-chats africains, communément appelés silures, au camp Naaba-Koom II, à Ouagadougou. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de souveraineté alimentaire promue par les autorités burkinabè et vise à renforcer la contribution des forces armées à la production nationale.

Après environ sept mois d’élevage, les premiers résultats de cette expérience piscicole sont jugés encourageants par les responsables militaires. Pour cette phase expérimentale, deux bassins d’une capacité de 80 m³ chacun ont été aménagés au sein du camp. Au total, 5 000 alevins ont été mis en élevage, dont 2 000 dans le premier bassin et 3 000 dans le second.

La mise en œuvre du projet a bénéficié de l’accompagnement du Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB), ainsi que de l’appui financier et technique du ministère en charge des Ressources animales et halieutiques.

Au terme de plusieurs mois de suivi, d’entretien et d’alimentation, la Garde républicaine a procédé à la récolte de ses premiers poissons. Selon l’adjudant Martin Kadéba, les spécimens obtenus affichent un poids moyen d’environ 3,5 kg par poisson.

La production est destinée, dans un premier temps, à la consommation interne de l’unité militaire. Afin de faciliter la conservation des poissons et de limiter les pertes après la récolte, un fumoir d’une capacité de traitement de 200 kg par jour a également été installé sur le site.

Pour le chef de bataillon Jean Ouiya, commandant de la Garde républicaine, cette première récolte dépasse le simple cadre d’une activité de production. Elle traduit, selon lui, la volonté de renforcer la souveraineté du Burkina Faso, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’alimentation.

Le responsable militaire a salué l’appui des structures publiques ayant contribué à la réalisation du projet, tout en soulignant la nécessité de poursuivre cette collaboration pour assurer son développement.

La pisciculture comme outil de réinsertion des soldats blessés

Au-delà de son apport alimentaire, le projet piscicole comporte également une dimension sociale. Présent lors de la récolte, le ministre conseiller spécial du président du Faso chargé des questions agricoles et de l’autosuffisance alimentaire, par ailleurs coordonnateur de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A), le Dr Abdourasmane Konaté, a évoqué les possibilités offertes par cette activité aux militaires blessés de guerre et aux invalides.

« Cette initiative permettra aux soldats blessés de guerre et aux invalides d’avoir des activités de production sur place dans des cages mobiles pour produire dans le cadre de la sécurité alimentaire du pays », a-t-il expliqué.

Cette orientation vise à favoriser la participation des militaires blessés à des activités productives, tout en contribuant à leur réinsertion et à leur maintien dans un cadre d’activité adapté.

La pisciculture au camp Naaba-Koom II s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des activités agro-pastorales au sein des casernes burkinabè. Selon le Dr Abdourasmane Konaté, des projets d’élevage de volailles, de porcs et de petits ruminants sont déjà déployés dans 13 casernes à travers le pays.

La pisciculture devrait, elle aussi, connaître une extension progressive grâce à des formations et à la mise à disposition d’équipements adaptés aux besoins des unités militaires. Si cette première récolte constitue une étape encourageante, la consolidation de l’expérience dépendra notamment de la continuité de l’accompagnement technique, de la disponibilité des aliments pour poissons et de la capacité à reproduire les résultats obtenus dans d’autres casernes.

Avec cette initiative, la Garde républicaine entend ainsi apporter sa contribution à l’effort national de production alimentaire. Le projet illustre une volonté de diversifier les sources d’approvisionnement des unités militaires, tout en faisant des casernes des espaces de production au service de l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso.

 

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