Burkina Faso : 38,49 milliards FCFA levés sur le marché UMOA, voici ce que cela signifie
Le 14 janvier 2026, le Burkina Faso a réussi une nouvelle opération de financement sur le marché régional des titres publics de l’UMOA. À l’issue d’une émission combinant Bons et Obligations du Trésor, l’État a mobilisé 38,49 milliards FCFA, soit plus que son objectif initial fixé à 35 milliards FCFA. Ce résultat confirme que les investisseurs de la zone continuent d’accorder une attention soutenue à la signature souveraine burkinabè.
Concrètement, quand l’État veut financer ses besoins (paiement de dépenses publiques, projets, services), il peut “emprunter” directement sur le marché en émettant des titres publics. Les investisseurs achètent ces titres, ce qui revient à prêter de l’argent au Trésor. En échange, l’État s’engage à rembourser à une date prévue, avec une rémunération appelée rendement.
L’opération du 14 janvier portait sur deux grandes familles de titres. D’un côté, un BAT de 364 jours. Le BAT (Bon Assimilable du Trésor) est un instrument de court terme (ici environ un an). Il attire souvent davantage parce que l’argent est immobilisé moins longtemps, ce qui rassure dans un contexte où les investisseurs préfèrent garder de la flexibilité. De l’autre côté, trois OAT (Obligations Assimilables du Trésor), proposées sur des durées de 3 ans, 5 ans et 7 ans. Les OAT sont des emprunts de moyen ou long terme : l’État garde l’argent plus longtemps et l’investisseur exige en général des conditions qu’il juge solides.
Cette émission a suscité un intérêt marqué : les soumissions ont totalisé 57,91 milliards FCFA, ce qui représente un taux de couverture de 165,46%. Le taux de couverture compare simplement la demande à l’objectif recherché : au-dessus de 100%, cela signifie que les investisseurs ont proposé plus d’argent que l’État n’en demandait. Autrement dit, l’opération était sursouscrite.
Mais sursouscription ne veut pas dire que l’État prend tout. Le Trésor burkinabè a retenu 38,49 milliards FCFA, soit 66,48% des offres. Ce choix est généralement stratégique : l’État sélectionne les propositions les plus intéressantes, notamment celles dont le coût de financement est jugé acceptable. Plus un investisseur demande un rendement élevé, plus l’offre peut être écartée.
Dans les faits, c’est le BAT à 364 jours qui a concentré l’essentiel de l’opération. Sur ce segment, 26,33 milliards FCFA ont été retenus, avec un rendement moyen pondéré (RMP) de 7,39%. Le RMP correspond au rendement moyen réel obtenu sur les offres acceptées, calculé en tenant compte des montants retenus. Ce niveau traduit un appétit important pour les maturités courtes, tout en montrant que l’argent reste relativement cher sur le marché régional.
Du côté des obligations, l’intérêt a été plus ciblé. L’OAT à 3 ans a permis de lever 5,32 milliards FCFA à un RMP de 7,28%, tandis que l’OAT à 7 ans a mobilisé 6,84 milliards FCFA avec un RMP de 7,25%. En revanche, l’OAT à 5 ans n’a retenu aucune soumission, ce qui signifie que les offres reçues n’étaient pas suffisamment attractives ou que les conditions proposées n’étaient pas jugées favorables.
Autre signal important : les fonds retenus proviennent de six pays de l’espace UEMOA, preuve que la demande est restée régionale et diversifiée. Les investisseurs burkinabè arrivent en tête avec 17,99 milliards FCFA, suivis par la Côte d’Ivoire (7,2 milliards), le Bénin (6,18 milliards), le Mali (5 milliards), le Niger (2 milliards) et le Sénégal (0,12 milliard).
Au final, cette opération envoie un message clair : le Burkina Faso a non seulement obtenu plus que prévu, mais il l’a fait en conservant une certaine maîtrise dans la sélection des offres. Pour le marché, cela renforce l’image d’un État capable de mobiliser des ressources, même dans un environnement régional où les investisseurs arbitrent de près entre rendement, risque et liquidité.
Gildas Kinda
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