#Culture : une dot traditionnelle surprenante observée lors d’un PPS (mariage coutumier) dans la province du Ziro.

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Notre reporter a assisté, hier 1er février 2026, à un PPS dans une localité de la province du Ziro.

Comme c’est le cas dans de nombreuses régions du Burkina Faso, le PPS s’est déroulé dans le respect strict des traditions. Plusieurs conditions ont été observées, notamment des dons en espèce et en nature composés de colas, de sel, de tabac, ainsi que d’animaux tels que des poulets et un mouton, conformément aux exigences de la famille de la mariée. Ces éléments ont été acheminés après de longs va-et-vient, des échanges et des négociations entre les deux familles.

Cependant, l’une des conditions posées par la famille de la mariée a particulièrement retenu l’attention de notre reporter. En dernier ressort, le patriarche de la famille de la mariée a énoncé une exigence singulière : la famille du marié doit promettre deux bœufs à celle de la mariée.

Selon les explications données par le patriarche, ces deux bœufs ne sont pas  immédiatement exigibles. Il s’agit plutôt d’un crédit coutumier, sans échéance fixe. Ce crédit peut être réclamé à tout moment, même plusieurs décennies plus tard, en fonction des besoins de la famille de la mariée. Un premier bœuf peut être demandé dans une situation donnée, puis le second ultérieurement si un autre besoin se présente.

Plus surprenant encore, ce crédit est transmissible de génération en génération. Si le marié décède sans cette dette ne lui soit réclamé, ses enfants, voire ses petits-enfants, restent tenus de la régler si la famille de la mariée en fait la demande.

Pour illustrer ses propos, le patriarche (âgé de plus de 80 ans) a confié que le crédit de bœufs contracté par son propre grand-père n’a été réclamé et payé que cette année, plusieurs décennies plus tard.

Une tradition certes surprenante, mais qui témoigne de la profondeur des coutumes africaines. Notre reporter a tenu à porter cette pratique à la connaissance du grand public dans un esprit de découverte, afin de mieux faire connaître la richesse de certaines traditions africaines qui contribuent à renforcer les liens entre deux familles unies par le mariage.

Gildas Kinda

www.burkinaonline.net

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