Burkina Faso : WEREME Abdoul-Aziz Amaran condamné pour abus de confiance de plus de 112 millions FCFA par le TGI Ouaga II
Le Tribunal de grande instance Ouaga II, par l’intermédiaire du Parquet du Procureur du Faso, a rendu public un communiqué détaillant l’issue judiciaire d’une affaire d’abus de confiance impliquant WEREME Abdoul-Aziz Amaran, poursuivi pour des faits financiers d’un montant particulièrement élevé.
Origine de l’affaire
Selon le communiqué officiel daté du 6 février 2026, le Parquet a été saisi le 10 décembre 2025 par deux plaignants. Ces derniers reprochaient à WEREME Abdoul-Aziz Amaran, résidant aux États-Unis d’Amérique, des faits présumés d’escroquerie portant sur la somme de 112 383 900 francs CFA.
Les plaignants expliquaient avoir souhaité acquérir deux véhicules de marque Toyota Grand Highlander, version 2025, et avoir confié cette mission à l’intéressé, lequel s’était engagé à assurer l’achat et la livraison dans un délai de 45 jours, pour un montant total de 118 275 510 francs CFA. Malgré plusieurs versements effectués, les véhicules n’ont jamais été livrés et aucune preuve d’acquisition n’a été produite.
Enquête et interpellation
Une enquête a été ouverte par le Bureau central national Interpol, avec pour mission de localiser et interpeller le mis en cause. Un avis de recherche a été diffusé le 14 décembre 2025 sur les réseaux sociaux. Le lendemain, 15 décembre 2025, WEREME Abdoul-Aziz Amaran s’est présenté à la police judiciaire, accompagné de son conseil.
Lors de son audition, il a reconnu avoir perçu la somme de 112 383 900 francs CFA, indiquant avoir utilisé une partie des fonds, soit 69 600 000 francs CFA, pour faire face à une condamnation liée à des loyers impayés dans l’État du New Jersey, aux États-Unis, ce qui l’aurait placé dans l’impossibilité d’honorer ses engagements envers les plaignants.
Saisies et poursuites judiciaires
Une perquisition menée à son domicile a permis la saisie de trois véhicules (deux Audi Q7 et une Mercedes CLS 550), de deux téléphones iPhone 17 Pro Max, ainsi que de numéraires composés de 1 282 dollars américains et de 168 000 francs CFA.
Le 8 janvier 2026, le prévenu a été présenté au Parquet, puis poursuivi suivant la procédure de flagrant délit pour abus de confiance et blanchiment de capitaux, sur le fondement des dispositions du Code pénal et de la loi n°46-2024/ALT du 30 décembre 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive au Burkina Faso.
Décision du tribunal
À l’issue de l’audience du 23 janvier 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga II a :
• relaxé le prévenu du chef de blanchiment de capitaux ;
• déclaré WEREME Abdoul-Aziz Amaran coupable d’abus de confiance portant sur la somme de 112 383 900 francs CFA ;
• prononcé une peine de 24 mois d’emprisonnement avec sursis ;
• infligé une amende ferme de 1 500 000 francs CFA ;
• ordonné le paiement aux plaignants de 72 383 900 francs CFA correspondant au reliquat détourné, ainsi que 1 000 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Le tribunal a également ordonné la restitution aux plaignants des biens saisis, lesquels viendront en déduction du préjudice total, et a fixé la contrainte judiciaire à 12 mois en cas de non-exécution des condamnations pécuniaires.
Nouveaux développements
Le Parquet a par ailleurs indiqué avoir interjeté appel de la décision de relaxe concernant le blanchiment de capitaux, afin que ces faits soient rejugés par la chambre des appels correctionnels de la Cour d’appel de Ouagadougou.
Enfin, alors que la procédure suivait son cours, une seconde plainte a été déposée par la communauté musulmane des ressortissants burkinabè du New Jersey contre le même prévenu pour des faits similaires d’abus de confiance portant sur 75 000 dollars américains, soit environ 40 millions de francs CFA. Le 6 février 2026, WEREME Abdoul-Aziz Amaran a été de nouveau convoqué, interrogé suivant la procédure de flagrant délit et placé sous mandat de dépôt.
Gildas Kinda
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Source : Communiqué officiel du Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga II, Ouagadougou, 6 février 2026.



