Décès de Boncana Maïga : le maestro qui a fait dialoguer l’Afrique et le monde
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La musique africaine est en deuil. Boncana Maïga est décédé le 28 février 2026 à Bamako, à la Clinique Pasteur. Compositeur, arrangeur, flûtiste, producteur et pédagogue, il laisse derrière lui une œuvre monumentale et une influence déterminante sur plusieurs générations d’artistes africains.
Des débuts au Nord du Mali à l’ouverture internationale
Originaire de Gao, Boncana Maïga s’impose très tôt comme chef d’orchestre au sein du Negro Band de Gao. Dans les années 1960, une formation musicale à Cuba marque un tournant décisif : il y approfondit la flûte traversière, le saxophone et les fondements de la musique afro-cubaine. Cette immersion façonnera durablement son écriture et sa vision musicale.
À La Havane, il participe à la création de Las Maravillas de Mali, groupe emblématique qui marie rythmes africains et sonorités latines, ouvrant une voie nouvelle aux fusions afro-latines.
Chef d’orchestre, formateur et arrangeur de référence
De retour sur le continent, Boncana Maïga s’installe notamment en Côte d’Ivoire, où il dirige l’orchestre de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) pendant de nombreuses années. Pédagogue exigeant, il forme et accompagne des musiciens appelés à devenir des figures majeures des scènes africaines.
Arrangeur recherché, il collabore avec de grands noms, contribuant à professionnaliser les standards de production et d’orchestration de la musique africaine moderne.
Africando : un pont musical entre continents
Au début des années 1990, Boncana Maïga est l’un des architectes du projet Africando, collectif panafricain qui unit salsa new-yorkaise et voix africaines. Le succès international du groupe confirme sa capacité à fédérer cultures et publics, tout en respectant l’identité musicale du continent.
La télévision au service des talents
Au-delà des studios et des scènes, il marque aussi l’audiovisuel avec Stars Parade, émission musicale qui a offert une visibilité inédite à de nombreux artistes africains et participé à la circulation des œuvres à l’échelle internationale.
Un héritage durable
Boncana Maïga n’était pas seulement un musicien d’exception : il était un passeur, un bâtisseur de ponts entre traditions et modernité, entre l’Afrique, les Amériques et l’Europe. Son sens de l’orchestration, son exigence artistique et sa générosité pédagogique continueront d’inspirer musiciens et mélomanes.
Avec sa disparition, la musique africaine perd l’un de ses plus grands maîtres, mais son œuvre demeure – vivante, dansante et universelle.
Gildas Kinda
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