#Coopération : le commandant Afrique de l’armée française en visite en Mauritanie

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Nouakchott a accueilli fin avril 2026 une visite de haut niveau du général Pascal Ianni, chef du Commandement pour l’Afrique de l’armée française. Ce déplacement, confirmé par plusieurs sources concordantes, s’inscrit dans une dynamique plus large de redéploiement stratégique de la présence militaire française sur le continent.

Le responsable militaire français a participé à un séminaire impliquant l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), tout en menant des échanges bilatéraux avec les autorités mauritaniennes. Des rencontres officielles ont notamment eu lieu avec des responsables du ministère mauritanien de la Défense, traduisant un renforcement des relations militaires entre les deux pays.

Au-delà de la dimension diplomatique, cette visite a également été marquée par la signature d’un accord technique portant sur l’hydrographie, l’océanographie et la cartographie marine. Cet aspect, peu médiatisé mais stratégique, souligne l’intérêt croissant pour la façade atlantique mauritanienne, dans un contexte de sécurisation des espaces maritimes et des routes commerciales.

Cette initiative intervient dans un environnement régional profondément transformé. Depuis plusieurs années, la France a engagé une réorganisation de son dispositif militaire en Afrique de l’Ouest, marquée par des son expulsion du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le modèle des bases permanentes laisse progressivement place à une approche plus souple, fondée sur la coopération, la formation et l’appui aux armées partenaires.

Créé en 2024, le Commandement pour l’Afrique vise précisément à coordonner cette nouvelle stratégie. Il privilégie des partenariats bilatéraux ciblés, adaptés aux réalités locales, tout en maintenant une capacité d’influence sécuritaire dans la région.

Dans ce contexte, la Mauritanie apparaît comme un partenaire clé. Relativement stable sur le plan sécuritaire, elle occupe une position géographique stratégique à la jonction du Sahel et de l’Atlantique. Cette stabilité en fait un point d’ancrage privilégié pour les coopérations internationales, notamment en matière de lutte contre les menaces transnationales.

Si les détails du séminaire organisé avec l’OTAN n’ont pas été rendus publics, les éléments disponibles indiquent clairement une intensification des échanges militaires et techniques. Cette évolution s’inscrit dans une logique plus large de recomposition des équilibres sécuritaires en Afrique, où les partenariats évoluent vers des formats moins visibles mais potentiellement plus durables.

En définitive, la visite du général Pascal Ianni à Nouakchott illustre un changement de paradigme : celui d’une présence militaire française moins directe, mais structurée autour de coopérations renforcées, d’accords techniques et d’un ancrage stratégique dans des États jugés fiables.

Gildas Kinda

www.burkinaonline.net

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