L’ancien président Moussa Dadis Camara qualifie des pratiques attribuées à Jeune Afrique d’«escroquerie»

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 Une récente sortie médiatique de l’ancien président de la transition guinéenne, Moussa Dadis Camara, remet au centre du débat des accusations portant sur des pratiques attribuées à des journalistes liés au magazine Jeune Afrique.

Une version des faits remontant à 2009

Dans cette prise de parole, Dadis Camara affirme qu’au moment de son arrivée au pouvoir en 2009, un journaliste de Jeune Afrique, se serait présenté à lui dans son bureau.

Selon ses déclarations, ce dernier lui aurait exposé l’importance de la presse comme « quatrième pouvoir » et la nécessité, pour un nouveau dirigeant, de travailler son image publique.

Toujours selon l’ancien président guinéen, il lui aurait été proposé un dispositif d’accompagnement médiatique, conditionné par un contrat financier estimé à 500 000 euros ( 327 978 500 francs CFA) par trimestre.

Dadis Camara affirme avoir rejeté cette proposition, qu’il qualifie d’« escroquerie », et indique avoir mis fin à l’entretien. Il ajoute qu’à la suite de ce refus, des articles critiques auraient été publiés à son encontre.

Des situations similaires évoquées

Dans la même intervention, l’ancien chef d’État étend ses propos à d’autres dirigeants africains.

Il cite notamment le capitaine Ibrahim Traoré, affirmant que des démarches comparables auraient été entreprises auprès de lui, visant à proposer une gestion de son image médiatique. Selon ce lui, le président burkinabè aurait également refusé ce type d’approche.

Dadis Camara évoque également les prises de position publiques du président Traoré, qui a indiqué ne pas avoir besoin que son image soit « lavée ».  La suite, on la connaît : une campagne médiatique contre lui et l’AES (Alliance des États du Sahel).

Le nom de Mamadi Doumbouya est également mentionné. Selon Dadis Camara, une tentative de prise de contact aurait été initiée avec lui, sans suite. Il affirme que cette situation aurait été suivie de publications critiques.

Un modèle économique qui interroge le grand public

À travers ces trois cas – Dadis en 2009, IB aujourd’hui, Doumbouya récemment – se dessinerait pour une partie de l’opinion africaine un modus operandi :

Approche : Prise de contact avec un dirigeant sous couvert de « conseil en image ».

Proposition : Un contrat financier pour « améliorer l’image » dans les colonnes du magazine.

Rétorsion : En cas de refus, lancement d’une campagne médiatique négative.

Pour certains observateurs, Jeune Afrique ne serait donc plus un simple observateur. Il serait devenu un acteur politique qui utilise son influence pour monnayer sa ligne éditoriale. « Payer pour être encensé, refuser et être diabolisé » : voilà le dilemme auquel feraient face les dirigeants africains.

Gildas Kinda

www.burkinaonline.net

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