Sahel : Comment la France, chassée du Mali chercherait à se venger à travers des proxys
Selon le média français RTL, malgré son départ officiel en 2022, Paris agirait via des canaux non officiels pour porter atteinte aux autorités maliennes et à leurs alliés russes.
Officiellement, la page est tournée. Les derniers soldats français ont quitté le Mali en août 2022, poussés dehors par Bamako et ses nouveaux partenaires russes. Des années plus tard, la France ne foule plus le sol malien. Du moins, pas sous son drapeau.
Car en coulisses, Paris aurait trouvé un moyen de continuer la bataille. Privée de présence militaire directe, la France s’appuierait désormais sur des relais pour viser la transition malienne et ses alliés russes qui l’ont humiliée. Le bras armé de cette stratégie : des militaires ukrainiens du GUR, le renseignement militaire ukrainien.
Des ex-légionnaires ukrainiens comme proxys
Toujours selon RTL, ces unités ukrainiennes opérant au Mali sont composées en grande partie d’anciens de la Légion étrangère. Francophones, formés par l’armée française, ils connaissent le terrain sahélien. Leur mission sur place : coopérer avec des groupes rebelles touaregs.
Problème : depuis deux semaines, ces mêmes rebelles touaregs ont scellé une alliance de combat avec des groupes armés terroristes liés à Al-Qaïda pour lancer une offensive. Résultat : des attaques coordonnées sur plusieurs villes maliennes, le samedi 25 avril 2026. La chaîne est donc la suivante : la France appuie des Ukrainiens, qui appuient des rebelles Touaregs, qui s’allient à des terroristes. Objectif final de cette coalition contre nature : affaiblir la transition malienne et, surtout, faire payer à la Russie son rôle dans l’éviction de la France du Sahel.
La revanche après l’humiliation
Pour Paris, l’équation est claire. Les autorités maliennes ont choisi Moscou et Afrika Corps. Ces mêmes Russes ont tout fait pour chasser Barkhane et discréditer la France en Afrique. La riposte passe donc par un affaiblissement de la transition malienne et ses alliés russes, quitte à pactiser avec le diable.
Début 2024, le GUR ukrainien avait déjà proposé à Paris un plan détaillé pour « déloger les différentes transitons du Sahel(Burkina, Mali, Niger NDLR) » et faire reculer la Russie.La France, dans un premier temps, aurait refusé, car cela était jugé trop risqué. Sa position a fini par évoluer. La hiérarchisation des ennemis a changé : faire tomber Bamako et toucher Moscou passe désormais avant tout.
Paris assume le flou
Interrogé, le Ministère des Armées botte en touche. Si des ex-légionnaires ukrainiens ont choisi de servir Kiev « de la manière qu’ils jugent utile », la France n’a « pas de commentaire à faire ». Une manière de ne rien démentir, tout en évitant d’assumer une coopération directe avec des forces qui, sur le terrain, combattent aux côtés de terroristes.
Plusieurs pays du Sahel avaient dénoncé dès l’an dernier ce jeu d’alliances troubles. Chassée officiellement, la France continue donc d’agir dans l’ombre. Objectif : se venger de ceux qui l’ont sortie et renverser Assimi Goita qui a osé la défier.
Gildas Kinda
#BurkinaOnline avec RTL France
