Nairobi accueille le sommet Afrique-France « Africa Forward » avec plus de 30 dirigeants attendus
La capitale kényane Nairobi accueille les 11 et 12 mai 2026 le sommet Afrique-France rebaptisé « Africa Forward », un rendez-vous diplomatique majeur qui réunit plus de trente chefs d’État et de gouvernement africains autour du président français Emmanuel Macron et de son homologue kényan William Ruto.
Selon plusieurs médias internationaux, 36 dirigeants africains ont confirmé leur présence à cette rencontre présentée comme une nouvelle étape dans les relations entre la France et le continent africain. Parmi les personnalités annoncées figurent notamment le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le président ivoirien Alassane Ouattara, le président rwandais Paul Kagame, le président congolais Félix Tshisekedi ainsi que le président nigérian Bola Tinubu.
Cette édition marque un tournant symbolique puisqu’il s’agit du premier sommet Afrique-France organisé dans un pays anglophone depuis la création de ce format diplomatique dans les années 1970. Les discussions portent principalement sur les investissements, la coopération économique, les infrastructures, les nouvelles technologies, le financement climatique et la réforme du système financier international.
Pour plusieurs observateurs, le choix du Kenya pour accueillir le sommet « Africa Forward » illustre la volonté de la France d’élargir davantage son influence au-delà de son traditionnel espace francophone africain. Après les tensions diplomatiques enregistrées ces dernières années avec plusieurs pays du Sahel comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger, Paris semble chercher à renforcer ses partenariats avec des puissances africaines anglophones influentes telles que le Kenya ou le Nigeria. Cette stratégie de diversification diplomatique et économique intervient dans un contexte de forte concurrence internationale sur le continent, marqué par la présence croissante de la Chine, de la Russie, de la Turquie, des Émirats arabes unis et de l’Inde. Le choix de Nairobi, important hub diplomatique et économique d’Afrique de l’Est, apparaît ainsi comme un signal de repositionnement stratégique visant à donner une dimension plus panafricaine et moins exclusivement francophone à la politique africaine de la France.
En marge des rencontres politiques, plusieurs accords économiques devraient être annoncés. Le groupe maritime CMA CGM a notamment dévoilé un projet d’investissement de 700 millions d’euros destiné à moderniser les infrastructures portuaires de Mombasa, principal port d’Afrique de l’Est. D’autres grandes entreprises françaises comme Orange et TotalEnergies prennent également part aux échanges économiques organisés durant le sommet.
Les autorités kényanes présentent cette rencontre comme une opportunité de repositionner Nairobi comme un centre diplomatique et économique majeur sur le continent africain.
Gildas Kinda
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