Bénin : Un ancien officier des forces spéciales françaises encourt 24 mois de prison devant la CRIET
Un ancien officier des forces spéciales françaises, installé depuis plusieurs années au Bénin, est au cœur d’une affaire judiciaire sensible examinée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le parquet spécial a requis à son encontre 24 mois de prison, dont 4 mois fermes, assortis d’une amende de 2 millions de francs CFA, pour des faits présumés de fausses attestations.
Selon l’accusation, l’ex-commandant français aurait participé à un réseau de fabrication de faux documents administratifs béninois, notamment des permis de conduire et des passeports, destinés à des expatriés européens résidant dans le pays. L’enquête aurait permis de mettre au jour un dispositif structuré, reposant sur l’usage de moyens informatiques sophistiqués.
Lors d’une perquisition menée par la Police républicaine, les enquêteurs affirment avoir découvert du matériel informatique ainsi que des vidéos explicatives détaillant les procédés de fabrication de faux documents officiels. Des éléments que le ministère public considère comme suffisamment accablants pour justifier les lourdes réquisitions formulées devant la juridiction spéciale.
Face à ces accusations, la défense de l’ex-officier réfute toute implication directe dans un système de fraude documentaire. Elle plaide l’absence d’intention criminelle et conteste l’interprétation faite des éléments saisis, évoquant un dossier « fragile » et reposant davantage sur des soupçons que sur des preuves irréfutables.
À ce stade, aucune condamnation n’a encore été prononcée. La CRIET a mis l’affaire en délibéré, laissant planer l’incertitude sur l’issue de ce procès qui suscite un vif intérêt, tant par le profil de l’accusé que par la gravité des faits reprochés.
Ce dossier intervient dans un contexte où les autorités béninoises affichent une tolérance zéro contre la fraude documentaire et les réseaux transnationaux, considérés comme une menace pour la sécurité et la crédibilité de l’État. Le verdict attendu sera scruté de près, au Bénin comme à l’international.
Fabrice Sandwidi
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