Burkina Faso–Ghana : un pacte sécuritaire pour protéger les échanges transfrontaliers
Le Burkina Faso et le Ghana renforcent leur coopération face aux menaces qui pèsent sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Un accord de coopération en matière de défense a été signé le 10 août à Accra afin de renforcer la sécurité et l’accompagnement des commerçants et des marchandises sur les principaux corridors commerciaux transfrontaliers.
Signé par le ministre ghanéen par intérim de la Défense, Dr Cassiel Ato Forson, et le ministre d’État burkinabè chargé de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, le texte entend apporter une réponse coordonnée aux risques sécuritaires qui affectent la circulation des personnes et des biens entre les deux pays.
Le principal objectif affiché est de garantir la continuité des échanges sur les axes reliant le Burkina Faso au Ghana. L’accord prévoit notamment un soutien sécuritaire et des escortes pour les commerçants, les transporteurs et les convois de marchandises circulant sur les corridors jugés essentiels.
Pour les deux États, la sécurisation de ces itinéraires constitue un enjeu à la fois économique et stratégique. Le Burkina Faso, pays enclavé, dépend de ses liaisons avec les pays côtiers pour une partie de ses approvisionnements et de ses échanges extérieurs. Le Ghana constitue ainsi un partenaire important pour le transit des marchandises à destination ou en provenance du territoire burkinabè.
Au-delà de la protection des convois, le nouvel accord doit contribuer à préserver la stabilité économique et à sécuriser les voies d’approvisionnement considérées comme critiques.
Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par la progression de l’insécurité dans les zones frontalières et septentrionales du Ghana et du Burkina Faso. La question de la protection des commerçants s’est notamment retrouvée au centre des préoccupations après l’attaque terroriste qui avait coûté la vie à des commerçants ghanéens spécialisés dans le commerce de la tomate, dans le nord du Burkina Faso, en février 2026. Cet épisode avait mis en évidence la vulnérabilité des acteurs économiques empruntant les corridors reliant les deux pays.
Le nouvel accord apparaît donc comme une traduction concrète de la volonté affichée par Accra et Ouagadougou de renforcer leur coopération sécuritaire et de mieux protéger les activités économiques transfrontalières.
La signature du pacte de défense intervient quelques mois après une série d’accords conclus entre les deux pays. En février 2026, le Burkina Faso et le Ghana avaient signé sept accords bilatéraux portant notamment sur le transport, le transit, la coopération transfrontalière, la gestion des catastrophes, la sécurité et la coopération autour de leur frontière commune.
Ces initiatives traduisent une volonté des deux capitales de consolider leurs relations malgré les défis sécuritaires auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest. La sécurisation des corridors apparaît désormais comme l’un des points de convergence entre les impératifs de sécurité et les besoins de développement économique.
Pour les transporteurs et les commerçants, l’enjeu sera toutefois de transformer les engagements pris en mesures concrètes sur le terrain. L’efficacité du dispositif dépendra notamment de la capacité des forces des deux pays à assurer durablement la protection des axes commerciaux et à garantir une circulation plus sûre des marchandises.
À travers cet accord, Accra et Ouagadougou cherchent ainsi à faire de la sécurité des corridors un instrument de protection des populations, mais aussi de préservation des échanges économiques entre le Sahel et le golfe de Guinée.
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