Portrait : El Hadj Oumarou Zoungrana, le bâtisseur au parcours inspirant

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Homme influent dans le milieu confessionnel, El Hadj Oumarou Zoungrana fait également partie des figures marquantes de l’entrepreneuriat burkinabè. Administrateur général d’EZOF SA, il a bâti, en plus de trois décennies, une entreprise passée de l’informel à un groupe structuré, aujourd’hui présent dans plusieurs pays de la sous-région.

Tout commence sur les bancs de l’école. Élève assidu, Oumarou Zoungrana suit un cursus franco-arabe jusqu’à l’obtention du BEPC. En parallèle, il fréquente les cours du soir, où il décroche son premier diplôme de l’école classique. Un projet d’études à l’étranger prend forme, mais le destin en décide autrement. Aîné d’une fratrie, il apprend les rouages du commerce aux côtés de son père. Le monde des affaires devient alors sa véritable école.

Il fait ses premiers pas dans le commerce des céréales, notamment la vente de riz, avant de révéler très tôt son esprit d’initiative. Au début des années 1990, il ouvre une petite quincaillerie au secteur 10 de Ouagadougou, aujourd’hui Nonsin.

« À cette époque, tout se faisait dans l’informel », se souvient-il.

L’ambition est pourtant déjà bien présente. En 1992, il franchit une étape décisive en créant l’Établissement Zoungrana Oumarou et Frères, une structure qui évoluera quelques années plus tard pour devenir EZOF SA.

Le parcours est loin d’être un long fleuve tranquille. En 1996, le décès de son père bouleverse l’équilibre familial. Âgé de moins de 25 ans, il se retrouve à la tête d’une famille de près de trente personnes.

« Je commençais le travail à 6 h pour terminer à 22 h. Il y avait des jours où je dormais à la boutique parce que je ne pouvais pas me permettre d’engager un vigile. Les nuits étaient courtes, les responsabilités lourdes. Mais il fallait tenir », raconte-t-il.

À cette époque, son entreprise intervient dans le secteur du BTP en tant que sous-traitant auprès de plusieurs entrepreneurs. Très vite, il est confronté à des difficultés majeures. Certains partenaires peu scrupuleux détournent les matériaux mis à leur disposition. Refusant de subir les événements, Oumarou Zoungrana décide de se rendre lui-même sur les chantiers, d’assurer le suivi des travaux et de contribuer à leur achèvement. Cette expérience, aussi éprouvante que formatrice, forge durablement son exigence, son sens du contrôle et sa culture de la rigueur.

La structuration d’un empire

La véritable transformation de l’entreprise intervient avec sa structuration. Le recrutement du premier employé, aujourd’hui retraité, marque le début d’une nouvelle organisation. Comptabilité, trésorerie, administration, forces commerciales : EZOF quitte définitivement l’informel pour adopter un fonctionnement moderne et professionnel.

Les partenariats se multiplient, les marchés publics s’ouvrent et la stratégie se précise. La vision de son administrateur général est claire : faire d’EZOF SA un leader national avant de conquérir le marché régional.

Aujourd’hui, l’entreprise est implantée au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Mali, au Nigeria et au Sénégal. Dotée d’un capital social de 500 millions de FCFA et forte d’une trentaine de collaborateurs, EZOF SA s’impose comme une référence dans la distribution d’équipements, d’outillage professionnel et de solutions destinées aux secteurs du BTP, de l’industrie et des services.

Pour Oumarou Zoungrana, la réussite n’est jamais une aventure solitaire. Elle repose sur quatre piliers : la discipline, la foi, le travail et la capacité permanente à se remettre en question. Ce sont ces valeurs qui ont guidé son parcours et façonné son leadership.

À la jeunesse burkinabè, il adresse un message simple et sans détour : apprendre avant de diriger, accepter de travailler plusieurs années pour acquérir de l’expérience, commencer modestement et progresser étape par étape.

« Une entreprise, c’est comme un champ : on cultive avant de récolter. »

À l’heure où EZOF SA organise ses premières Journées portes ouvertes, du 2 au 4 juillet 2026, El Hadj Oumarou Zoungrana demeure fidèle aux principes qui ont construit son parcours : l’humilité, la persévérance et l’innovation.

Plus qu’un chef d’entreprise, il incarne une génération d’entrepreneurs burkinabè qui ont bâti leur réussite par le travail, la résilience et une vision résolument tournée vers l’avenir.

Fabrice Sandwidi

www.burkinaonline.net

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