Forum humanitaire de l’AES : Ouagadougou veut faire émerger un modèle sahélien fondé sur la résilience

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La deuxième édition du Forum humanitaire de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est ouverte lundi à Ouagadougou, sous la présidence du Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. La rencontre, qui réunit des délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger, se tient conjointement avec la deuxième réunion des ministres chargés du Genre de l’espace confédéral. Au cœur des échanges : la recherche d’une réponse humanitaire davantage articulée aux enjeux de relèvement, de développement et de résilience des communautés sahéliennes.

Placée sous le thème « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES », cette deuxième édition intervient dans un contexte marqué par la persistance des crises sécuritaires, humanitaires, climatiques et économiques dans les trois pays.

Pour les autorités de l’AES, ces crises imposent une évolution des pratiques. L’aide humanitaire ne devrait plus, selon le Premier ministre burkinabè, se limiter à répondre aux besoins immédiats des populations affectées, mais contribuer également à renforcer leurs capacités à faire face durablement aux chocs.

À l’ouverture des travaux, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a défendu une approche liant assistance humanitaire, relèvement et développement. Il estime que la souveraineté recherchée par les trois États ne peut être réduite à la seule dimension sécuritaire. Elle doit également se traduire, selon lui, par la capacité des États à définir leurs priorités et à conduire leurs propres politiques de développement.

« L’assistance ne saurait être une finalité en soi. L’action humanitaire doit répondre à l’urgence tout en préparant les conditions de l’autonomie », a-t-il déclaré.

Cette orientation suppose notamment un renforcement des capacités nationales, locales et communautaires, ainsi qu’une meilleure prise en compte des priorités définies par les États.

Les discussions doivent ainsi porter sur la gouvernance et la coordination de l’action humanitaire, la mutualisation des capacités, le partage d’expériences et la préparation aux crises. La prévention, l’alerte précoce, le relèvement socio-économique, la restauration des moyens d’existence et la réhabilitation des services sociaux de base figurent également parmi les sujets annoncés.

La question du financement au centre des préoccupations

La question des ressources constitue un autre enjeu majeur du forum. Les autorités burkinabè plaident pour des mécanismes de financement plus prévisibles et une mobilisation accrue des ressources endogènes. L’objectif affiché est également d’améliorer le ciblage des bénéficiaires, la coordination entre les différents acteurs et la redevabilité des interventions humanitaires.

Cette réflexion s’inscrit dans le prolongement de la première édition du Forum humanitaire, tenue à Bamako en 2025. Celle-ci avait notamment permis d’engager une coopération entre les trois pays en matière de coordination et de financement de l’action humanitaire.

La rencontre de Ouagadougou doit désormais permettre de consolider ces acquis et d’aller vers des mécanismes communs davantage adaptés aux réalités des pays de l’AES.

Les femmes au cœur de la réflexion

Le forum se déroule parallèlement à la deuxième réunion des ministres chargés du Genre de l’espace confédéral. Celle-ci est consacrée au thème : « Mise en œuvre des référentiels nationaux de développement des pays de l’AES : contribution des femmes à la construction d’un espace souverain, résilient et prospère ».

Les participants doivent notamment examiner la mise en œuvre de la feuille de route issue de la Déclaration de Niamey et réfléchir à la mise en place de mécanismes de financement endogènes et innovants.

Le lancement officiel de la plateforme régionale des organisations de femmes de l’AES figure également à l’ordre du jour.

Pour le Premier ministre burkinabè, la participation des femmes constitue un élément important de la construction de la résilience dans l’espace confédéral. Leur rôle dans les activités productives, l’éducation, la cohésion sociale, la prévention des conflits et la reconstruction des communautés a été particulièrement souligné.

Présent à la cérémonie d’ouverture, le Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations unies au Burkina Faso, Njoya Tikum, a salué l’évolution vers une action humanitaire davantage tournée vers la résilience et le développement durable. Il a assuré que le système des Nations unies était disposé à accompagner les trois États dans la mise en œuvre des recommandations qui découleront des travaux.

Le responsable onusien a également insisté sur la nécessité d’adapter les réponses humanitaires aux réalités propres à chaque territoire et de renforcer les capacités des acteurs nationaux et locaux.

« Notre rôle n’est pas de prendre la place de ceux qui sont aux premières lignes. Notre rôle est de renforcer les capacités et de les soutenir », a-t-il déclaré.

Au-delà des discours, les travaux de Ouagadougou devront donc déboucher sur des mécanismes de coopération plus opérationnels entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. L’enjeu est de passer progressivement d’une logique centrée sur la gestion des crises à une approche capable de soutenir durablement les communautés et de réduire leur dépendance à l’aide extérieure.

La deuxième édition du Forum humanitaire de l’AES entend ainsi poser les bases d’une réponse commune aux crises, avec pour ambition de rapprocher action humanitaire, souveraineté, résilience et développement dans l’espace confédéral.

 

Source: DRCP/Primature

www.burkinaonline.net

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