Extradition de Damiba: Le gouvernement burkinabé réagit officiellement pour la première fois

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Les autorités burkinabè ont confirmé, à travers un communiqué officiel daté du 20 janvier 2026, l’extradition de l’ancien chef de l’État, Paul Henri Sandaogo Damiba, en provenance du Togo. Selon le ministère de la Justice, cette extradition intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire portant notamment sur une présumée atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’État, ainsi que sur plusieurs infractions économiques et financières.

Une dénonciation à l’origine de la procédure

D’après le communiqué, la procédure a été enclenchée à la suite d’une dénonciation enregistrée le 05 janvier 2026 au parquet près le Tribunal de grande instance Ouaga I. Cette dénonciation faisait état de l’implication de plusieurs personnes civiles et militaires, dont Paul Henri Sandaogo Damiba, dans des actes qualifiés de préparatoires à une atteinte à la sûreté de l’État, mais aussi de détournement de deniers publics, d’incitation à la commission d’infractions, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux.

Le Procureur du Faso a alors requis du juge d’instruction l’ouverture d’une information judiciaire, la délivrance d’un mandat d’arrêt international contre l’ancien dirigeant, ainsi que le recours à la coopération pénale internationale avec la République du Togo afin d’obtenir son extradition.

Ouverture d’une information judiciaire et mandat d’arrêt international

Le 06 janvier 2026, le juge d’instruction a effectivement ouvert une information judiciaire, visant plusieurs chefs d’accusation : détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux.

Le communiqué précise que ces infractions sont prévues et punies par des dispositions du code pénal burkinabè, notamment les articles 131-8, 331-1, 332-2, 332-17, 332-24, 614-1 et 614-3, ainsi que par plusieurs articles (9, 174, 184 à 187, 196 à 199 et 202) de la loi n°046-2024/ALT du 30 décembre 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive au Burkina Faso.

Dans la foulée, le juge d’instruction a décerné un mandat d’arrêt international contre Paul Henri Sandaogo Damiba et transmis aux autorités togolaises une demande d’extradition vers le Burkina Faso.

Décision de la Cour d’appel de Lomé et extradition effective

Toujours selon le communiqué, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé a rendu, le 16 janvier 2026, l’arrêt n°013/2026, ouvrant la voie à l’extradition de l’ancien chef de l’État. L’extradition a ensuite été rendue effective et Paul Henri Sandaogo Damiba serait arrivé au Burkina Faso le 17 janvier 2026 pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

Cette coopération judiciaire a été saluée par Ouagadougou. Le ministre de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayala, au nom du Gouvernement burkinabè, a exprimé sa reconnaissance aux autorités togolaises pour cette « parfaite coopération judiciaire », présentée comme une illustration des bonnes relations entre les deux pays.

Une affaire au cœur de l’actualité politique et judiciaire

L’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba marque une étape majeure dans cette procédure aux enjeux importants. Elle devrait désormais ouvrir la voie à la poursuite de l’instruction judiciaire au Burkina Faso, avec l’audition de l’intéressé et l’examen des accusations portées contre lui.

Le communiqué ne donne toutefois pas de détails sur les prochaines étapes judiciaires ni sur un éventuel calendrier des audiences.

Alex Naké

www.burkinaonline.net

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