CAN 1978 : le jour où la Tunisie a quitté la pelouse pour protester

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La Coupe d’Afrique des Nations 1978, organisée au Ghana, demeure l’une des éditions les plus tendues de l’histoire du football africain.

Si le Maroc s’y présente en tenant du titre après son sacre de 1976, ce n’est pourtant pas lui qui va marquer durablement les esprits. Ce rôle revient à une autre nation du Maghreb : la Tunisie.

Un contexte électrique et un format en mutation

Contrairement à l’édition de 1976, disputée sous forme de groupe final, la CAN 1978 marque le retour à un format classique avec demi-finales.

Le Maroc, placé dans le groupe B, est éliminé dès la phase de poules, notamment après une lourde défaite face à l’Ouganda (3-0).

La Tunisie, en revanche, réalise un parcours solide et atteint les demi-finales, où elle s’incline face au Ghana.

Le match de la rupture contre le Nigeria

Le 16 mars 1978, à Accra, la Tunisie affronte le Nigeria pour la troisième place.

  • Les Tunisiens ouvrent le score à la 19e minute par Mohamed Ali Akid.
  • À la 42e minute, le Nigeria égalise par Baba Otu Mohammed.

Ce but déclenche la rupture.

Les joueurs tunisiens contestent vivement sa validité, estimant qu’une faute préalable n’a pas été sifflée. Face au refus de l’arbitre de revenir sur sa décision, la tension monte rapidement.

L’équipe tunisienne décide alors de quitter définitivement la pelouse en signe de protestation.

Une sanction immédiate et historique

La Confédération africaine de football réagit sans délai :

  • Match arrêté définitivement
  • Victoire attribuée au Nigeria sur tapis vert (2-0)
  • Suspension de la Tunisie des compétitions de la CAF pendant deux ans

Cette décision constitue l’un des épisodes disciplinaires les plus marquants de l’histoire de la compétition.

Un épisode révélateur d’une époque

Cet incident illustre les fortes tensions qui caractérisaient le football africain des années 1970.

Entre contestations arbitrales, soupçons de favoritisme envers les pays hôtes et absence de technologies d’assistance, les frustrations pouvaient rapidement dégénérer.

Le retrait tunisien reste, à ce jour, l’un des rares cas d’abandon volontaire lors d’une phase finale de CAN.

Pourquoi la confusion avec le Maroc persiste

L’erreur d’attribution au Maroc est fréquente pour plusieurs raisons :

  • Les deux équipes participaient à la même compétition
  • Le Maroc était le tenant du titre
  • Des tensions ultérieures entre le Maroc et la CAF ont entretenu l’ambiguïté

En réalité, le Maroc n’a pas quitté la pelouse lors de cette CAN 1978.

Gildas Kinda

www.burkinaonline.net

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