Leçon de vie : L’Américain qui détestait être milliardaire et a choisi de se débarrasser de sa fortune
Dans un monde où la réussite est souvent assimilée à l’accumulation de richesses, Yvon Chouinard fait figure d’exception. Fondateur de la marque de plein air Patagonia, cet alpiniste devenu entrepreneur n’a jamais aspiré à être milliardaire. Bien au contraire, ce statut le mettait profondément mal à l’aise.
Un entrepreneur à contre-courant
Chouinard n’est pas issu du monde des affaires traditionnel. Grimpeur passionné, proche de la nature, il crée Patagonia avant tout pour répondre à des besoins pratiques liés aux activités de plein air. Le succès commercial de l’entreprise le propulse, malgré lui, dans la catégorie des grandes fortunes. Sa richesse personnelle, estimée à environ 3 milliards de dollars américains (soit environ 1 800 milliards de francs CFA), n’a jamais été un objectif en soi.
Pourquoi être milliardaire le dérangeait
Contrairement à beaucoup d’entrepreneurs, Yvon Chouinard a souvent exprimé son inconfort face à l’accumulation de richesse personnelle. Être classé parmi les milliardaires lui semblait contradictoire avec ses valeurs : simplicité, responsabilité écologique et rejet du consumérisme excessif. Il considérait que cet argent ne lui appartenait pas réellement, mais qu’il provenait de ressources naturelles qu’il fallait protéger.
Que fait-il de cette fortune ?
Plutôt que de chercher à transmettre ou à multiplier cette richesse, Chouinard a choisi de s’en débarrasser. Les revenus générés par Patagonia sont désormais orientés vers la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique, à travers des structures juridiques dédiées à cet objectif. Il ne s’agit donc pas d’un don ponctuel, mais d’un choix durable et structurant.
Une leçon de vie
L’histoire de ce américain rappelle une évidence souvent oubliée : tout le monde ne rêve pas d’être riche, et la richesse n’est pas une fin en soi. Là où beaucoup cherchent l’accumulation, lui a cherché le désengagement, convaincu que l’argent peut être un outil, mais qu’il devient un fardeau lorsqu’il perd son sens.
D’autres voies auraient pu être envisagées, notamment en Afrique. Il aurait, par exemple, pu venir soutenir des causes nobles au Burkina Faso, telles que :
• le financement de l’éducation et de la formation des jeunes ;
• le renforcement des structures de santé et l’accès à l’eau potable ;
• le soutien à une agriculture durable ou à la lutte contre la désertification.
À contre-courant d’une époque obsédée par l’accumulation, il a choisi la simplicité et la liberté plutôt que le stress et la pression permanente qu’impose la richesse extrême. Combien de milliardaires burkinabè seraient capables de faire un tel choix ?
Gildas Kinda
www.burkinaonline.net
