Sécurité au Sahel : la Côte d’Ivoire prête à relancer la coopération avec le Mali et le Burkina Faso

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Face à l’escalade persistante des attaques terroristes dans le Sahel, la Côte d’Ivoire a officiellement exprimé sa volonté de relancer la coopération sécuritaire avec ses voisins sahéliens, le Mali et le Burkina Faso. Lors du salon international de la défense Eurosatory 2026, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a souligné que « face à la menace djihadiste, aucun État ne peut agir seul », appelant à un effort coordonné dans la région.

Dans un contexte régional marqué par l’intensification des violences armées et des attaques contre les forces de défense et de sécurité, cette prise de position d’Abidjan marque un tournant diplomatique. La Côte d’Ivoire, longtemps perçue comme relativement à l’écart des fronts sahéliens, revendique désormais un rôle plus offensif dans la lutte contre le terrorisme.

Téné Birahima Ouattara.

« La menace qui pèse sur nos frontières et sur la stabilité de tout le Sahel ne peut être contenue sans une coopération efficace entre États », a insisté Téné Birahima Ouattara. Il a également affirmé que la stratégie ivoirienne combine « des opérations militaires robustes et des initiatives de développement pour attaquer le mal à la racine », notamment dans le nord du pays où près de 3 000 soldats sont déployés.

Une offre diplomatique adressée à Bamako et Ouagadougou

Les relations entre Abidjan, Bamako et Ouagadougou ont connu des tensions ces dernières années, notamment depuis l’arrivée des militaires au pouvoir au Mali et au Burkina Faso et la sortie de ces deux pays de la CEDEAO. Malgré ces divergences politiques, la Côte d’Ivoire propose aujourd’hui une relance des opérations conjointes, fondée sur l’échange de renseignements, la coordination tactique et la solidarité régionale.

« Nous tendons la main parce que nous savons que la lutte contre le terrorisme est un combat collectif. Aucun pays ne sortira vainqueur s’il est isolé », a martelé le ministre ivoirien.

À ce jour, ni le gouvernement malien ni les autorités burkinabè n’ont formulé de réponse officielle à cette proposition. Les deux pays, engagés dans l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Niger, semblent privilégier le cadre multipays qu’ils ont eux-mêmes initié.

Pour certains analystes, cette absence de réaction formelle ne signifie pas un rejet, mais reflète plutôt une prudence diplomatique. « Accueillir publiquement l’offre d’Abidjan reviendrait à admettre une dépendance stratégique alors que Bamako et Ouagadougou cherchent à affirmer une voie de collaboration régionale autonome », explique un expert en sécurité sahélienne.

Pour les autorités ivoiriennes, l’heure n’est plus à l’attentisme. « La sécurité dans le Nord-Ivoirien est fragilisée par une proximité géographique avec les zones sahéliennes. Il est dans l’intérêt de tous d’agir ensemble », a déclaré Téné Birahima Ouattara.

Fabrice Sandwidi

www.burkinaonline.net

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