Sya : une controverse historique apaisée par la médiation à l’africaine
Depuis quelques jours, une affaire sensible alimente les débats dans la ville de Sya. Au cœur de la controverse : des divergences de points de vue sur l’histoire de la création de Sya. Plusieurs versions, relayées publiquement, ont suscité incompréhensions, tensions et échanges parfois vifs au sein de la communauté.
Face au risque de voir la situation dégénérer, les acteurs locaux ont privilégié une approche traditionnelle de règlement des conflits. La question a ainsi été traitée « à l’africaine », sous l’arbre à palabre, dans un esprit de dialogue, d’écoute et de recherche de l’apaisement. À l’issue des échanges, une partie des protagonistes a présenté des excuses, mettant fin à la polémique.
Cependant, avant ce dénouement, un jeune a critiqué sur les réseaux sociaux la sortie publique d’un notable de la localité sur cette affaire et a traversé un sale quart d’heure.
C’est dans ce contexte qu’un notable respecté de Bobo-Dioulasso est intervenu. Par son autorité morale et son sens de la conciliation, il a intercédé en faveur du jeune afin d’éviter toute escalade inutile. Son intervention a permis d’ouvrir la voie à une désescalade responsable.
Le jeune concerné a, par la suite, présenté des excuses publiques, reconnaissant les maladresses commises. Ce geste a été accueilli favorablement par la communauté, contribuant à calmer l’affaire.
Cet épisode rappelle que les sociétés africaines disposent de mécanismes endogènes efficaces pour gérer des questions sensibles, notamment lorsqu’elles touchent à l’histoire, à l’identité et à la cohésion sociale. Le recours au dialogue, au pardon et à la médiation communautaire apparaît, une fois encore, comme une voie salutaire pour préserver la paix et l’unité au sein des communautés.
Gildas Kinda
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